Jardinier, parlez-vous latin ?

Le nom des plantes a été imposé par Carl von Linné, un naturaliste suédois du 18e siècle sous la forme de la nomenclature binominale actuelle : la classification de Linné.

L’objectif était de pouvoir identifier chaque plante sans se tromper.

Voici un résumé très simplifié de son fonctionnement qui vous aidera sans doute lorsque vous utiliserez des étiquettes au jardin pour identifier vos plantes et vos arbustes.

Le nom des plantes est établi depuis 1950 par le Code international de la nomenclature botanique. Ce code évolue et les noms peuvent changer en fonction des découvertes en matière de génétique.

L’esperanto des jardiniers

Entre jardiniers ou scientifiques, et sans nécessairement parler la même langue, le latin permet de nommer précisément une plante partout dans le monde.

A chaque plante est attribué un nom d’espèce et un nom de genre en latin.

exemple d'un nom de plante en latin

Le nom de genre

C’est le nom principal de la plante, il est noté en premier, avec une majuscule. Exemples : Rhododendron, Camellia, Rosa, Quercus (le genre qui regroupe les chênes).
Un genre peut regrouper de nombreuses espèces.

Le nom d’espèce

C’est un qualificatif qui est associé à un genre. Il peut décrire la plante à partir de l’une de ses principales caractéristiques. Voici 3 exemples :

  • grandiflora : évoque la grande taille des fleurs de l’espèce
  • aestivus : évoque lapériode de floraison (l’été)
  • douglasii : évoque le botaniste explorateur David Douglas qui a découvert et rapporté en Europe de nombreux conifères d’Amérique dont le Thuya douglasii(Sapin de Douglas)

La variété (ou le cultivar)

Au nom du genre et de l’espèce peut être ajouté un nom de variété (ou de cultivar). Ce nom permet de distinguer un groupe de plantes présentant des caractéristiques qui les différencient des autres spécimens de la même espèce.

On rencontre des variétés spontanément dans la nature, mais lorsque celles-ci sont volontairement maintenues ou accentuées par l’homme, on parle plutôt de cultivar (cultivatedvariety).

C’est le cas notamment des variétés anciennes de rosiers comme  ‘Cuisse de Nymphe’ ou ‘Albertine’ ou bien encore des celles sélectionnées plus récemment par des rosiéristes et dédiés pour certains à des célébrités comme ‘Lambert Wilson’ ou ‘Amélie Nothomb’. Ces variétés cultivées par l’homme sont appelées des cultivars.

La famille

Une famille regroupe plusieurs genres botaniques ayant des similitudes.

Chaque plante est donc associée à un nom binominal (genre et espèce), lui-même rattaché à une famille en fonction de ses caractéristiques communes. La famille des rosacées (Rosaceae) regroupe tous les rosiers mais aussi des plantes vivaces (fraisiers, benoites), des arbustes et des arbres (aubépines, pruniers, pommiers, …).

Ne vous fiez pas aux apparences ! Aussi la tomate et la pomme de terre cousinent-elles dans la grande famille des Solanacées (Solanaceae) et appartiennent au même genre (Solanum)

  • La pomme de terre : Solanumtuberosum
  • La Tomate : Solanumlycopersicum

Le nom de l’auteur

A la suite du nom binominal figure parfois une initiale ou une expression en abrégé. Il s’agit du nom de la personne qui a décrit en premier cette espèce.
Exemple :

  • L. pour Carl von Linné (1707-1778)
  • Banks.  pour Joseph Banks (1743-1820)

Le nom vernaculaire

Chaque plante a aussi un nom usuel qui varie selon le pays, voire même dans chaque région.  
Le Solanumpseudocapsicum est ainsi appelé :

  • par ici « Pommier d’Amour »
  • par-là « Cerisier d’Amour »
  • et plus loin encore « Oranger des Savetiers »

Les anglo-saxons l’appellent quant à eux « Jerusalem cherry » ou « Madeira Winter Cherry » !

Leur nom latin finira par mettre tout le monde d’accord !