Carnet de voyage – Jardins du Japon

Au jardin

Lorsqu’on revient d’un voyage au Japon, on n’est plus tout à fait le même. Est-ce parce que le Japon reste l’une des destinations les plus exotiques qui soient pour un Français, de surcroît sensible à l’art des jardins ? Qu’y-a-t-il donc de si singulier dans les jardins de l’archipel nippon ? Petit diaporama d’un choc esthétique inspirant et enchanteur…

Jardins de trottoir

Les Japonais vivent à l’étroit dans de grandes villes très denses. Mais il leur suffit de bien peu d’espace pour exprimer leurs talents de jardiniers. Ils n’hésitent pas à investir un petit bout de trottoir devant leur immeuble afin d’y créer une scène de plantes en pots, ou pour exposer leur collection de bonsaïs ou de Kokedama.

Jardins de cour
« Tsubo-niwa »

La cour intérieure est un élément marquant de l’architecture traditionnelle japonaise. On la rencontre dans les anciennes maisons de marchands et d’artisans, dans les maisons de thé et presque systématiquement intégrée dans les temples.

Dans un espace restreint et clos de palissades, le tsubo-niwa est une évocation de la nature. Il reprend les codes propres au jardin japonais : lanterne, bassin, pierre de passage, mousse, simplicité…

Le Niwaki

Les Japonais pratiquent à grande échelle une technique de taille des arbres unique au monde. L’art du Niwaki (niwa = jardin et ki = arbre) se remarque partout dans l’archipel, en ville comme à la campagne, de la plus petite cour d’un quartier populaire au jardin de prestige attenant au siège d’une grande entreprise. Impossible de réduire le Niwaki à ce qu’on appelle parfois en France la « taille en nuages ». Proche visuellement de l’art du bonsaï, le Niwaki cherche à magnifier la silhouette de l’arbre tout en respectant son port naturel. Il crée des vides pour aérer et dévoiler l’architecture des branches et concentre la végétation à certains endroits pour la densifier.

Pin Niwaki

Haubanage d'un pin dans un jardin. Kanazawa, Japon.

Plus globalement, on est surpris en visitant le Japon pour la première fois de constater à quel point le respect et le soin accordés aux arbres est naturel et important pour les Japonais.

On utilise des moyens humains et techniques considérables pour tailler, élaguer, guider ou haubaner les arbres… Les vieux sujets font l’objet d’une attention toute particulière.

Le jardin sec

On découvre les jardins secs dans les cours intérieures des monastères et des temples zen.

Dans un petit espace, le jardin est épuré à l’extrême, débarrassé des éléments décoratifs et des plantes.

Ne restent que le sable, les graviers et les rochers pour évoquer la nature : un paysage apaisé et monochrome.

jardin sec à Koyasan, Japon.

Désherbage dans un jardin à Kyoto

Jardiniers du Japon

Les espaces publics japonais sont globalement très soignés. C’est encore plus vrai pour les jardins. On est fasciné d’observer les jardiniers (souvent très nombreux) travailler avec tant de minutie et de précision, dans le calme et le silence, tout en utilisant des outils simples et traditionnels. Ici un jardinier travaille sous la pluie, désherbant patiemment un tapis de mousse. Un peu plus loin, c’est une haie qui fait l’objet de soins quasi-sacrés. Après la taille, on la débarrasse des brindilles et débris de feuilles à l’aide d’un petit balai de bambou ou de paille de riz.

L’utilisation du bambou

Bien sûr, on trouve le bambou comme plante d’ornement dans le jardin japonais.

Mais il est aussi utilisé comme matériau pour une multitude de structures du jardin : bordures, tuteurs, rampes d’escaliers, rigoles et gouttières, ponts, palissades et clôtures, ….

A ce titre, il joue un rôle important dans l’identité du jardin.

Structure en bambou dans un jardin japonais

Jardin de mousse à Kyoto.

Le vide et la mousse

Dans le jardin japonais, un espace vide n’est pas un espace qui n’a pas été planté.

Le vide est un choix délibéré auquel on accorde la même valeur que les plantations et les éléments décoratifs.

Souvent couverts d’un tapis de mousse, ces espaces renforcent la puissance visuelle des compositions.

La présence de l’eau

Hormis dans les jardins secs où elle est symbolisée, l’eau est très présente dans le jardin japonais : plans d’eau aux bords irréguliers, cours d’eau sinueux, cascades, …

Les rochers sont disposés pour évoquer les torrents de montagne.

Ponts en pierre et passerelles en bois permettent aux visiteurs de passer d’une rive à l’autre.

Plan d'eau dans un jardin. Kanazawa, Japon.





2 pensées sur “Carnet de voyage – Jardins du Japon”

  1. Bonjour,

    ces photos font rêver. L’une d’elles pourraient paraître dans la rubrique clin d’oeil de notre magazine Voyages Jardins (n°3). Il s’agit de photos envoyées par nos lecteurs de jardins qu’ils ont visités et particulièrement aimés. Est-ce que cela vous intéresserait de m’envoyer l’une de ces photos avec une ou deux liens de commentaires, les coordonnées du jardin et vos noms et qualités.
    Bien cordialement
    Rosenn Le Page

    1. Bonjour Rosenn,
      Merci de votre message et de votre proposition, ça serait avec plaisir.
      J’ai particulièrement aimé le temple des mousses de Kyoto (Saiho-ji / Kokedera) et le Kenroku-en de Kanazawa. J’ai fait pas mal de photos, je peux vous envoyer une petite sélection avec les infos demandées.
      A bientôt,
      Thibault

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